Un plafond peut en cacher un autre
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Chagall bouscule l’Opéra

Si vous êtes déjà allé à l’Opéra Garnier, vous avez peut-être noté l’originalité du plafond, peint par Marc Chagall à la demande d’André Malraux – Ministre des Affaires Culturelles à l’époque -, qui fut inauguré en 1962. Chagall était le candidat idéal : très en vue, il avait déjà conçu plusieurs décors pour le théâtre de Russie et créé à Paris la scène et les costumes du ballet Daphnis et Chloé de Maurice Ravel.
Pour l’Opéra, il réalisa douze panneaux plus un panneau circulaire central, installés sur une armature.
Dans cet édifice de style Second Empire, le contraste entre la peinture si moderne de Chagall et l’architecture environnante est saisissant. D’ailleurs, dans les années 1960, cette œuvre a suscité une vive controverse : d’aucuns étaient scandalisés que l’on ait transformé ainsi le plafond d’origine, y voyant une trahison artistique. Pourtant, la magie opère, et le dialogue entre les styles et les époques reste harmonieux : à l’Opéra Garnier, tout est conçu pour mettre en valeur la scène et la musique.
Sur cette peinture monumentale, Chagall rend hommage à plusieurs « classiques » du ballet et de l’opéra, dans un tourbillon très vivant de couleurs lumineuses, si caractéristiques de sa peinture : on reconnaît Carmen, Le lac des cygnes, l’oiseau de feu, Roméo et Juliette…  


Avant Chagall, un plafond classique

En réalité, le plafond d’origine est toujours là, préservé sous l’ensemble de 240 m2 réalisé par Chagall, mais vous ne le verrez sans doute jamais : il s’agit d’un autre chef d’œuvre de la peinture, bien plus classique, réalisée par Jules Eugène Lenepveu, un peintre angevin. Le nom de l’œuvre est un peu ronflant : " Le triomphe de la beauté, charmée par la musique, au milieu des heures du jour et de la nuit".
Le tout Paris découvrira cette œuvre lors de l’inauguration du palais Garnier, en 1875. Le peintre, comme Chagall au siècle suivant, a voulu rendre hommage aux arts célébrés en ce lieu : on y voyait Apollon, Venus, les muses, la beauté, l'amour, le chant, Diane…Toutes ces figures évoluaient dans la lumière du soleil ou de la lune, selon une composition en trompe l’œil digne de l’art « pompier » en vogue sous le second Empire.


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