Rembrandt, de l'ombre à la lumière
A une époque – le 17e siècle, nommé aussi « siècle d'or » pour la peinture hollandaise – où la pratique de l'autoportrait n'était pas courante, Rembrandt (Harmenszoon van Rijn , Rembrandt étant son prénom) a produit un nombre insensé d'images de lui-même tout au long de sa vie ; une cinquantaine sont parvenues jusqu'à nous, sur environ 400 tableaux de l'artiste.

L'un des tous premiers, réalisé en 1628, alors que le peintre n'est âgé que d'une vingtaine d'années, a été nommé "Autoportrait aux cheveux ébouriffés". Rembrandt vit encore à Leyde, où il est né. Il n'a pas encore gagné Amsterdam pour tenter de vivre de son art.  

Il est entrain de poser les bases de sa technique, mais tous les éléments sont déjà là : l'usage du clair-obscur, la passion pour le traitement technique de la lumière, et surtout une immense audace. Comme avec la photo aujourd'hui, il semble contre-intuitif de capturer un visage à contre-jour… On n'y voit rien!

C'est pourtant ce que fait Rembrandt. Il met en lumière sa chevelure ébouriffée et pleine de reflets, peignant même de petits cheveux fous avec le bois de son pinceau.
Il illumine sa joue et son oreille, jouant avec de petites égratignures de la peinture pour faire apparaître du blanc, notamment sur son col.  Et son regard, que l'on ne distingue pas tout de suite, mais qui nous fixe, semble émerger de la pénombre. C'est donc un autoportrait tout en pudeur, dans lequel le jeune peintre se montre…en se cachant.

On peut y voir une métaphore de la construction de son identité : floue en 1628, mais en pleine lumière dans son dernier autoportrait, en 1669, à l'âge de 63 ans. La palette est inchangée, la maîtrise encore plus grande, l'homme quelque peu usé par les épreuves de la vie, mais le regard est clair et direct.  En pleine lumière.  

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