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Explications dans l'article
Le
9 juin 2026,
Cette année, les Etats-Unis
fêtent les 250 ans de leur Déclaration d'indépendance (1776). Le dollar
naît le 2 avril 1792, son
nom étant une mutation phonétique du mot allemand "thaler", ancienne
pièce circulant en Europe du 16e au 19e siècle.
Pendant des décennies, seules les pièces relèvent du monopole fédéral et les billets sont émis par des milliers de banques. Par exemple, le billet de 100 dollars de la Waltham Bank, fondée en 1853, située à Waltham, dans le Massachusetts, rend hommage à sa population : paysans et marins. Ainsi, à la veille de la guerre de Sécession, près de 10,000 types de billets circulent, favorisant la contrefaçon et compliquant les échanges.
En pleine guerre de Sécession, le président Abraham Lincoln impose en 1863 un monopole fédéral sur les billets, imprimés sur papier vert et ornés, pour le billet de 1 dollar, de George Washington. Le visage de Benjamin Franklin orne alors le billet de 100 dollars. De façon générale, les grands hommes américains sont représentés sur les dollars contemporains.
La suite est bien connue. Le dollar accompagne ensuite l’essor économique fulgurant des États-Unis : conquête de l’Ouest, fortunes industrielles, innovations techniques, montée de Wall Street... Il devient la référence pour les échanges économiques, notamment le commerce du pétrole. Aujourd’hui encore, il intervient dans 88 % des transactions, permettant aux États-Unis d’exercer une influence politique via leur système financier.
Il n’y a pas que les faux monnayeurs à peindre des dollars. Au 19e siècle, plusieurs peintres américains de natures mortes — notamment John Haberle, Nicholas Alden Brooks et Victor Dubreuil — représentent des dollars américains dans des trompe‑l’œil hyperréalistes, les "currency paintings" (littéralement "peinture monétaire") faisant du billet vert un sujet artistique à part entière.
"Imitation" (National Gallery of Art, Washington, 1887) de John Haberle, est une nature morte représentant, entre autres, un billet de 1 dollar peint avec beaucoup de minutie et une touche d’humour (déchirure peinte révélant la couche d’apprêt). Les billets représentés, usés et froissés, semblent prêt à être saisis, mais ne peuvent être attrapés...
Le peintre franco‑américain Victor Dubreuil naît en 1842. Après avoir servi dans l'armée française, il s'installe à Paris où il travaille comme directeur de banque. Puis il fonde un journal, devient un agitateur socialiste. Après avoir été accusé du vol d'un demi-million de francs, il prend la fuite et émigre, en 1882, aux États-Unis. Ses tableaux, outils de dénonciation, montrent des piles de billets, des coffres‑forts ou des billets géants, dans une veine critique et politique, poussant très loin la représentation du dollar. Ses trompe-l'œil sont parfois si réels qu'il est accusé d'être faussaire.
Son "dollar" le plus célèbre est le "Five Dollar Bill" (Phillips Collection, Washington), peinture réalisée en trompe-l'œil vers 1885, où un billet, seul, est collé sur une planche, entouré de vide, comme pour en souligner la vanité. Aucun détail n’est oublié : ni les inscriptions, ni ses pliures, ni son usure.
Il n’hésite pas à peindre des barils débordants, vomissant de billets, comme ce "Barils de dollars", datant de 1897 (collection privée). Peut-être, à la vue de tant d’argent, souhaite-t-il en dégouter son spectateur.
Certaines de ses œuvres, comme "Don’t Make a Move !" (Smithsonian Institution, Washington, 1893), sont des visions anticapitalistes. Le tableau met en scène un braquage fictif pour dénoncer les abus du capitalisme et du système bancaire américain. Il représenterait Victor Dubreuil lui‑même, armé, accompagné d’une femme, dans la posture de deux braqueurs face au spectateur qui occupe la place du… banquier. La toile est une allégorie d’un monde bancaire en déliquescence : registre de comptes vide, billets rangés de manière désordonnée, avec des erreurs d’impression sur les dollars.
La représentation du dollar en peinture nous révèle autant notre fascination pour la puissance économique, la richesse, qu’une critique des valeurs capitalistes et matérialistes de la société moderne.
Idées de balades :
N’hésitez pas à aller visiter la Cité de l’Economie et le Musée de la Monnaie de Paris, notamment, jusqu’au 6 septembre, avec leur exposition "Aventuriers, voleurs, milliardaires, marginaux... Quand la bande dessinée parle d'argent".
Des musées français sur tout le territoire, au travers d’expositions (entre autres activités), se joignent aux festivités américaines. En voici quelques-unes, le programme complet étant visible sur le site du Ministère des Affaires étrangères. Profitez-en pour vos vacances !
- le Musée des Archives Nationales de Paris, à l’Hôtel de Soubise, jusqu’au 14 juillet, avec "Lafayette entre France et Amérique. Histoire et légende"
- le Musée Carnavalet, jusqu’au 27 septembre, avec "1776-2026 : 250 ans d’amitié franco-américaine"
- le Musée franco-américain, Château de Blérancourt (Aisne), avec, jusqu’au 5 octobre, "La Déclaration d’Indépendance américaine, 1776"
- le Musée du Nouveau Monde, à la Rochelle, avec, jusqu’au 16 novembre, "Les Français et la naissance des États-Unis (1776-1876)"
- La Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Etienne, avec "Flying Colors", jusqu’au 3 janvier, réunissant des œuvres d’artistes américains
- Le Musée d'Orsay, à Paris, avec, jusqu’au 31 janvier, "Auguste Bartholdi, la Liberté éclairant le monde" retraçant le parcours du sculpteur de la Statue de la Liberté
Pour aller plus loin :
L’argent, de la Mésopotamie aux cryptomonnaies, a façonné les sociétés. McWilliams, avec son livre Argent - Une histoire de l'humanité montre comment il a servi autant à manipuler qu’à coopérer, et retrace son histoire vivante pour révéler son rôle central dans le progrès humain.
Le dollar, devenu monnaie mondiale depuis 1945, incarne la puissance américaine. Réserve, étalon et outil d’échanges, il structure l’économie globale. Ce numéro de Questions internationales (juillet-août 2020) Le règne du dollar explore son rôle hégémonique et les possibles alternatives.
Largo Winch, héros d’une série de BDs, hérite d’un empire financier colossal et affronte complots, manipulations et dangers. Milliardaire rebelle, il tente de rester intègre dans un monde où séduction, trahisons et affaires douteuses s’entremêlent.
Et comme tout finit en musique, "Sacré dollar" !
Bonnes visites !
Pendant des décennies, seules les pièces relèvent du monopole fédéral et les billets sont émis par des milliers de banques. Par exemple, le billet de 100 dollars de la Waltham Bank, fondée en 1853, située à Waltham, dans le Massachusetts, rend hommage à sa population : paysans et marins. Ainsi, à la veille de la guerre de Sécession, près de 10,000 types de billets circulent, favorisant la contrefaçon et compliquant les échanges.
En pleine guerre de Sécession, le président Abraham Lincoln impose en 1863 un monopole fédéral sur les billets, imprimés sur papier vert et ornés, pour le billet de 1 dollar, de George Washington. Le visage de Benjamin Franklin orne alors le billet de 100 dollars. De façon générale, les grands hommes américains sont représentés sur les dollars contemporains.
La suite est bien connue. Le dollar accompagne ensuite l’essor économique fulgurant des États-Unis : conquête de l’Ouest, fortunes industrielles, innovations techniques, montée de Wall Street... Il devient la référence pour les échanges économiques, notamment le commerce du pétrole. Aujourd’hui encore, il intervient dans 88 % des transactions, permettant aux États-Unis d’exercer une influence politique via leur système financier.
Il n’y a pas que les faux monnayeurs à peindre des dollars. Au 19e siècle, plusieurs peintres américains de natures mortes — notamment John Haberle, Nicholas Alden Brooks et Victor Dubreuil — représentent des dollars américains dans des trompe‑l’œil hyperréalistes, les "currency paintings" (littéralement "peinture monétaire") faisant du billet vert un sujet artistique à part entière.
"Imitation" (National Gallery of Art, Washington, 1887) de John Haberle, est une nature morte représentant, entre autres, un billet de 1 dollar peint avec beaucoup de minutie et une touche d’humour (déchirure peinte révélant la couche d’apprêt). Les billets représentés, usés et froissés, semblent prêt à être saisis, mais ne peuvent être attrapés...
Le peintre franco‑américain Victor Dubreuil naît en 1842. Après avoir servi dans l'armée française, il s'installe à Paris où il travaille comme directeur de banque. Puis il fonde un journal, devient un agitateur socialiste. Après avoir été accusé du vol d'un demi-million de francs, il prend la fuite et émigre, en 1882, aux États-Unis. Ses tableaux, outils de dénonciation, montrent des piles de billets, des coffres‑forts ou des billets géants, dans une veine critique et politique, poussant très loin la représentation du dollar. Ses trompe-l'œil sont parfois si réels qu'il est accusé d'être faussaire.
Son "dollar" le plus célèbre est le "Five Dollar Bill" (Phillips Collection, Washington), peinture réalisée en trompe-l'œil vers 1885, où un billet, seul, est collé sur une planche, entouré de vide, comme pour en souligner la vanité. Aucun détail n’est oublié : ni les inscriptions, ni ses pliures, ni son usure.
Il n’hésite pas à peindre des barils débordants, vomissant de billets, comme ce "Barils de dollars", datant de 1897 (collection privée). Peut-être, à la vue de tant d’argent, souhaite-t-il en dégouter son spectateur.
Certaines de ses œuvres, comme "Don’t Make a Move !" (Smithsonian Institution, Washington, 1893), sont des visions anticapitalistes. Le tableau met en scène un braquage fictif pour dénoncer les abus du capitalisme et du système bancaire américain. Il représenterait Victor Dubreuil lui‑même, armé, accompagné d’une femme, dans la posture de deux braqueurs face au spectateur qui occupe la place du… banquier. La toile est une allégorie d’un monde bancaire en déliquescence : registre de comptes vide, billets rangés de manière désordonnée, avec des erreurs d’impression sur les dollars.
La représentation du dollar en peinture nous révèle autant notre fascination pour la puissance économique, la richesse, qu’une critique des valeurs capitalistes et matérialistes de la société moderne.
Idées de balades :
N’hésitez pas à aller visiter la Cité de l’Economie et le Musée de la Monnaie de Paris, notamment, jusqu’au 6 septembre, avec leur exposition "Aventuriers, voleurs, milliardaires, marginaux... Quand la bande dessinée parle d'argent".
Des musées français sur tout le territoire, au travers d’expositions (entre autres activités), se joignent aux festivités américaines. En voici quelques-unes, le programme complet étant visible sur le site du Ministère des Affaires étrangères. Profitez-en pour vos vacances !
- le Musée des Archives Nationales de Paris, à l’Hôtel de Soubise, jusqu’au 14 juillet, avec "Lafayette entre France et Amérique. Histoire et légende"
- le Musée Carnavalet, jusqu’au 27 septembre, avec "1776-2026 : 250 ans d’amitié franco-américaine"
- le Musée franco-américain, Château de Blérancourt (Aisne), avec, jusqu’au 5 octobre, "La Déclaration d’Indépendance américaine, 1776"
- le Musée du Nouveau Monde, à la Rochelle, avec, jusqu’au 16 novembre, "Les Français et la naissance des États-Unis (1776-1876)"
- La Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Etienne, avec "Flying Colors", jusqu’au 3 janvier, réunissant des œuvres d’artistes américains
- Le Musée d'Orsay, à Paris, avec, jusqu’au 31 janvier, "Auguste Bartholdi, la Liberté éclairant le monde" retraçant le parcours du sculpteur de la Statue de la Liberté
Pour aller plus loin :
L’argent, de la Mésopotamie aux cryptomonnaies, a façonné les sociétés. McWilliams, avec son livre Argent - Une histoire de l'humanité montre comment il a servi autant à manipuler qu’à coopérer, et retrace son histoire vivante pour révéler son rôle central dans le progrès humain.
Le dollar, devenu monnaie mondiale depuis 1945, incarne la puissance américaine. Réserve, étalon et outil d’échanges, il structure l’économie globale. Ce numéro de Questions internationales (juillet-août 2020) Le règne du dollar explore son rôle hégémonique et les possibles alternatives.
Largo Winch, héros d’une série de BDs, hérite d’un empire financier colossal et affronte complots, manipulations et dangers. Milliardaire rebelle, il tente de rester intègre dans un monde où séduction, trahisons et affaires douteuses s’entremêlent.
Et comme tout finit en musique, "Sacré dollar" !
Bonnes visites !