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Le
20 janvier 2026,
Inlassablement, dans maints discours et œuvres, Victor Hugo a dénoncé la peine de mort. Il n’hésite pas à déclarer que "Partout où
la peine de mort est prodiguée, la barbarie domine ; partout où la peine de
mort est rare, la civilisation règne." Mais il mène aussi son combat au
moyen de ses dessins comme, par exemple, "Ecce Lex", datant de
1854, représentant un homme pendu, ou "Justitia", datant de
1857, montrant une tête décapitée qui flotte devant la guillotine. Ces deux
dessins sont visibles à la Maison Victor Hugo.
Le coup d'État de 1851 marque la fin de la république, le président Louis-Napoléon Bonaparte devenant l’empereur Napoléon III. Suite au coup d'Etat, Victor Hugo participe à l'organisation d'un comité de résistance. Sans succès. Et le 9 janvier 1852, Napoléon III le bannit de France. C’est ainsi que le proscrit s’établit, jusqu’au mois d’août 1870, dans les îles anglaises de Jersey puis Guernesey.
En exil, Victor Hugo n'abandonne pas son combat contre la peine de mort, au risque de se faire remarquer par les autorités locales. En 1854, il prend fait et cause pour John Tapner.
John Tapner est originaire de Londres. Vivant à Guernesey, il est marié et père de trois enfants. Sa maîtresse (qui est la sœur de son épouse…) vit chez Elizabeth Saujon, une vielle femme de 74 ans. Cette dernière est assassinée à son domicile. Tapner, rapidement arrêté et reconnu coupable d’assassinat, vol et incendie, est condamné à mort par pendaison.
Pour obtenir la grâce du condamné, Victor Hugo ainsi que 600 résidents de Guernesey, signent, à l’instigation de l’écrivain, une pétition adressée au ministre de l'Intérieur britannique. En vain. La pendaison est confirmée pour le 10 février 1854.
Ce jour-là, Tapner est conduit dans la cour de la prison où deux cents spectateurs attendent. Le bourreau, novice, est nerveux. Il lui passe la corde autour du cou, on lui rabat un bonnet sur le visage, et la trappe s'ouvre... Mais la corde est trop courte ! La chute étant trop lente, Tapner ne se brise pas la nuque et ses jambes continuent à bouger. Les cordes lui liant les bras se dénouent. Tapner s'agrippe alors au bord de la trappe pour essayer d’en sortir… Le bourreau est alors obligé de descendre par l'ouverture, de s'accrocher aux jambes du condamné, et de tirer afin de lui rompre le cou. Il faut encore douze minutes à Tapner pour mourir.
Après cette exécution longue et sanglante, cette horrible mise à mort, personne n'a plus été exécuté à Guernesey.
Hugo réalise alors plusieurs dessins d’un pendu décharné, à sa potence, dont "Le pendu", tragique, faisant penser aux gibets de Montfaucon, au film "Les oiseaux" de Hitchcock, avec ses corbeaux sinistres et de mauvais augure, et à "La ballade des pendus" du poète François Villon. Ce dessin est visible au Metropolitan Museum, à New-York.
En France, la peine de mort est abolie le 9 octobre 1981, grâce à la loi portée par Robert Badinter, où cette abolition est perçue comme une avancée majeure pour les droits de l'homme.
Pour aller plus loin, deux expositions :
À l’occasion de l’entrée au Panthéon de Robert Badinter, une exposition, "Robert Badinter, la justice au cœur" se tient jusqu’au 3 mars 2026 au Panthéon, à Paris. Elle revient sur la genèse de son engagement, son combat en faveur de l’abolition de la peine de mort et ses autres grands combats d’homme politique.
Jusqu’au 28 février 2026, la Bibliothèque Universitaire Centre de Rennes propose l’exposition "Abolition de la peine de mort". Parrainée par Robert Badinter, cette exposition a été créée, en 2021, à l’occasion des 40 ans de l’abolition de la peine de mort en France. Elle rappelle les prises de positions marquantes en France avant l’abolition de 1981, le combat de Robert Badinter, l’abolition puis son élargissement dans le monde.
Ainsi que quelques musées :
La "Maison de Victor Hugo" est un musée situé Place des Vosges à Paris, où Victor Hugo a vécu de 1832 à 1848. Sa visite permet de découvrir l'appartement occupé par la famille Hugo au 2e étage, et plusieurs salles d'exposition au 1er étage.
Situé en Normandie, la "Maison Vacquerie – Musée Victor Hugo" est installée dans la résidence de la famille Vacquerie, amie de Victor Hugo. Léopoldine, sa fille aînée, épouse Charles Vacquerie. Les héritiers Vacquerie contribuent à enrivhir un musée restituant le cadre de vie des Hugo-Vacquerie.
Pour les plus voyageurs, il existe une maison de Victor Hugo à Guernesey, et une autre au Luxembourg.
Et, sur un banc, pour relire Victor Hugo :
Un réquisitoire bouleversant de Victor Hugo. Inspiré d’une histoire vraie, Claude Gueux vole pour donner à manger à ses enfants, et récolte une lourde peine. Ce récit dénonce les conditions de détention au 19e siècle, ainsi que la disproportion des délits et des peines à cette même époque.
Dans Le Dernier Jour d'un condamné, Victor Hugo présente le journal intime d'un homme condamné à mort, décrivant ses pensées et ses émotions durant les dernières heures de sa vie. L’auteur y dénonce les souffrances morales et physiques des condamnés, ainsi que l'inhumanité de la peine capitale.
Les Maisons de Victor Hugo, Paris/Guernesey conservent de très nombreux dessins de Victor Hugo. Cet ouvrage Victor Hugo, les dessins dévoile l'incroyable fécondité et la pleine liberté d'un écrivain dessinateur dont les yeux et la plume ne cessèrent de fouiller l'obscurité.
Écrits sur la peine de mort est une anthologie réunissant tous les écrits par lesquels Victor Hugo, tout au long de sa vie, manifeste sa conviction que la peine de mort est l'inadmissible expression d'un pouvoir violent.
Puis sur la peine de mort :
La guillotine fonctionne en France de 1791 jusqu'à l'abolition, en octobre 1981, de la peine de mort. Les adversaires de la peine capitale luttent pourtant depuis le 18e siècle... Ce petit recueil La Peine de mort - De voltaire à Badinter relate leur combat.
En images et chanson :
Poés'IA met en chanson des classiques de la poésie française, proposant une nouvelle version de "La ballade des pendus".
Victor Hugo n’était pas avare de pépites : "Si Louis XVI eût aboli la peine de mort, comme il avait aboli la torture, sa tête ne serait pas tombée" !
Le coup d'État de 1851 marque la fin de la république, le président Louis-Napoléon Bonaparte devenant l’empereur Napoléon III. Suite au coup d'Etat, Victor Hugo participe à l'organisation d'un comité de résistance. Sans succès. Et le 9 janvier 1852, Napoléon III le bannit de France. C’est ainsi que le proscrit s’établit, jusqu’au mois d’août 1870, dans les îles anglaises de Jersey puis Guernesey.
En exil, Victor Hugo n'abandonne pas son combat contre la peine de mort, au risque de se faire remarquer par les autorités locales. En 1854, il prend fait et cause pour John Tapner.
John Tapner est originaire de Londres. Vivant à Guernesey, il est marié et père de trois enfants. Sa maîtresse (qui est la sœur de son épouse…) vit chez Elizabeth Saujon, une vielle femme de 74 ans. Cette dernière est assassinée à son domicile. Tapner, rapidement arrêté et reconnu coupable d’assassinat, vol et incendie, est condamné à mort par pendaison.
Pour obtenir la grâce du condamné, Victor Hugo ainsi que 600 résidents de Guernesey, signent, à l’instigation de l’écrivain, une pétition adressée au ministre de l'Intérieur britannique. En vain. La pendaison est confirmée pour le 10 février 1854.
Ce jour-là, Tapner est conduit dans la cour de la prison où deux cents spectateurs attendent. Le bourreau, novice, est nerveux. Il lui passe la corde autour du cou, on lui rabat un bonnet sur le visage, et la trappe s'ouvre... Mais la corde est trop courte ! La chute étant trop lente, Tapner ne se brise pas la nuque et ses jambes continuent à bouger. Les cordes lui liant les bras se dénouent. Tapner s'agrippe alors au bord de la trappe pour essayer d’en sortir… Le bourreau est alors obligé de descendre par l'ouverture, de s'accrocher aux jambes du condamné, et de tirer afin de lui rompre le cou. Il faut encore douze minutes à Tapner pour mourir.
Après cette exécution longue et sanglante, cette horrible mise à mort, personne n'a plus été exécuté à Guernesey.
Hugo réalise alors plusieurs dessins d’un pendu décharné, à sa potence, dont "Le pendu", tragique, faisant penser aux gibets de Montfaucon, au film "Les oiseaux" de Hitchcock, avec ses corbeaux sinistres et de mauvais augure, et à "La ballade des pendus" du poète François Villon. Ce dessin est visible au Metropolitan Museum, à New-York.
En France, la peine de mort est abolie le 9 octobre 1981, grâce à la loi portée par Robert Badinter, où cette abolition est perçue comme une avancée majeure pour les droits de l'homme.
Pour aller plus loin, deux expositions :
À l’occasion de l’entrée au Panthéon de Robert Badinter, une exposition, "Robert Badinter, la justice au cœur" se tient jusqu’au 3 mars 2026 au Panthéon, à Paris. Elle revient sur la genèse de son engagement, son combat en faveur de l’abolition de la peine de mort et ses autres grands combats d’homme politique.
Jusqu’au 28 février 2026, la Bibliothèque Universitaire Centre de Rennes propose l’exposition "Abolition de la peine de mort". Parrainée par Robert Badinter, cette exposition a été créée, en 2021, à l’occasion des 40 ans de l’abolition de la peine de mort en France. Elle rappelle les prises de positions marquantes en France avant l’abolition de 1981, le combat de Robert Badinter, l’abolition puis son élargissement dans le monde.
Ainsi que quelques musées :
La "Maison de Victor Hugo" est un musée situé Place des Vosges à Paris, où Victor Hugo a vécu de 1832 à 1848. Sa visite permet de découvrir l'appartement occupé par la famille Hugo au 2e étage, et plusieurs salles d'exposition au 1er étage.
Situé en Normandie, la "Maison Vacquerie – Musée Victor Hugo" est installée dans la résidence de la famille Vacquerie, amie de Victor Hugo. Léopoldine, sa fille aînée, épouse Charles Vacquerie. Les héritiers Vacquerie contribuent à enrivhir un musée restituant le cadre de vie des Hugo-Vacquerie.
Pour les plus voyageurs, il existe une maison de Victor Hugo à Guernesey, et une autre au Luxembourg.
Et, sur un banc, pour relire Victor Hugo :
Un réquisitoire bouleversant de Victor Hugo. Inspiré d’une histoire vraie, Claude Gueux vole pour donner à manger à ses enfants, et récolte une lourde peine. Ce récit dénonce les conditions de détention au 19e siècle, ainsi que la disproportion des délits et des peines à cette même époque.
Dans Le Dernier Jour d'un condamné, Victor Hugo présente le journal intime d'un homme condamné à mort, décrivant ses pensées et ses émotions durant les dernières heures de sa vie. L’auteur y dénonce les souffrances morales et physiques des condamnés, ainsi que l'inhumanité de la peine capitale.
Les Maisons de Victor Hugo, Paris/Guernesey conservent de très nombreux dessins de Victor Hugo. Cet ouvrage Victor Hugo, les dessins dévoile l'incroyable fécondité et la pleine liberté d'un écrivain dessinateur dont les yeux et la plume ne cessèrent de fouiller l'obscurité.
Écrits sur la peine de mort est une anthologie réunissant tous les écrits par lesquels Victor Hugo, tout au long de sa vie, manifeste sa conviction que la peine de mort est l'inadmissible expression d'un pouvoir violent.
Puis sur la peine de mort :
La guillotine fonctionne en France de 1791 jusqu'à l'abolition, en octobre 1981, de la peine de mort. Les adversaires de la peine capitale luttent pourtant depuis le 18e siècle... Ce petit recueil La Peine de mort - De voltaire à Badinter relate leur combat.
En images et chanson :
Poés'IA met en chanson des classiques de la poésie française, proposant une nouvelle version de "La ballade des pendus".
Victor Hugo n’était pas avare de pépites : "Si Louis XVI eût aboli la peine de mort, comme il avait aboli la torture, sa tête ne serait pas tombée" !