Celle dont la beauté changea le monde
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Nous connaissons tous ce visage. 
Bien que son nom, Simonetta Vespucci, soit aujourd’hui oublié de presque tous. 

Pour s’en souvenir, il faut remonter près de 600 ans en arrière dans le temps.
   
Nous sommes en 1469, en Italie, dans la cité-Etat de Florence. Simonetta a 16 ans et vient d’épouser Marco Vespucci, le cousin d’Amerigo Vespucci, celui qui donnera son prénom à l’Amérique. A la soirée de réception de son mariage, elle fait la connaissance des frères Médicis : Laurent et Julien qui, comme tous les florentins présents, sont fascinés par son extraordinaire beauté. D’autant que, chose rare, celle-ci s’accompagne d’un charme véritable, d’une authentique gentillesse et générosité envers les autres (on parlerait aujourd’hui d’empathie) et d’une excellente éducation. 

Laurent, l’ainé de la puissante et richissime famille des Médicis, est le nouveau « Magnifique » choisi par les grandes familles florentines (c’était le titre consacré du premier dignitaire de la ville et non un adjectif sur son physique). Ironiquement, lui même n’est pas très beau, contrairement à son jeune frère Julien et, à cause de ses responsabilités, il ne peut exprimer ouvertement ses sentiments, ce dont Julien lui ne se privera pas. Ce dernier n’hésitera pas, bien qu’elle soit mariée à un autre, à en faire sa « Dame » lors d’une joute restée fameuse, portant une bannière sur laquelle était tissée une image d’elle faite par Botticelli lui-même. 

Simonetta fait ainsi très vite partie du premier cercle des Médicis et devint un membre assidu et apprécié de leur cour. Libre de ses allées et venues - Marco Vespucci est souvent parti pour les affaires de la famille - il n’y a nul autre lieu à Florence où elle peut tout à la fois débattre avec un érudit de la trempe du philosophe Marsile Ficin, s’extasier devant les splendeurs picturales de Botticelli et de Verrocchio, s’imprégner de la poésie chevaleresque et humaniste de Politien, discuter avec Léonard de Vinci de ses inventions et projets scientifiques. Car l’un des nombreux talents de Laurent de Médicis est de savoir attirer à lui, grâce aux immenses moyens de sa famille, les plus grands artistes et hommes de lettres d’Italie. 

C’est dans cette cour que Simonetta devint l’amie, le modèle et la muse des plus grands artistes de son temps. Son extraordinaire beauté, qu’elle partageait si généreusement dans l’amitié de leurs discussions, fut l’étincelle qui leur donna à tous l’envie et le désir permanent du Beau. Qui leur fit comprendre que ce mélange entre érudition et beauté était source d’un grand plaisir et que cela était bien. C’est cette cour, réunie autour de Laurent de Médicis et de la belle Simonetta, unique par les immenses talents et génies qui la composaient, qui incarnera à elle seule le mythe de la Renaissance toute entière et apporta à Florence la plus faste période de gloire de son histoire. Lui assurant une domination culturelle, longue de près de 4 siècles, sur toute l’Europe. 

C’est là que Sandro Botticelli, fit d’elle sa Grâce, sa Flore et sa Vénus. Et immortalisa ce visage que nous connaissons.
« Elle fut la florentine qui changea le coeur des hommes amoureux des splendeurs de la raison».

Elle apparait dans le livre écrit par Caroline Desnoëttes aux éditions Albin Michel Jeunesse : « Découvre la mythologie dans l'art », par ici
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