Le
28 novembre 2025,
L’œuvre de l’artiste franco-suisse Agnès Thurnauer s’inscrit dans une réflexion fine sur le langage, la représentation, le genre et l’histoire de l’art. Dans sa série emblématique Portraits grandeur nature (2007-2009), elle détourne les noms de figures majeures de l’art — souvent masculines — pour les féminiser (Marcel Duchamp → Marcelle Duchamp, Andy Warhol → Annie Warhol, etc.).
Ce geste de nominalisation n’est pas un simple jeu de mots potache : il dévoile, avec humour et impertinence, les mécanismes d’exclusion et d’effacement des femmes dans l’histoire de l’art.Le procédé de Thurnauer fonctionne comme une surprise — un badge coloré, une grande pastille circulaire, un nom qui sonne faux — et c’est justement ce décalage qui met à nu l’absurde d’un canon artistique historiquement genré.
Par ce travestissement des noms, l’artiste produit un effet de surprise mais aussi un choc, puisqu'elle nous invite à interroger les privilèges invisibles du masculin dans les manuels d'histoire de l'art, dans les musées et dans les discours de tous les jours. Ce type de détournement est profondément politique : il rappelle que nommer, c’est autoriser l’existence, et offrir une forme de reconnaissance officielle.
Avec ce geste, Thurnauer ne demande pas simplement à ajouter des femmes dans la liste des « grands artistes » historiques — elle propose une relecture radicale de l’histoire de l’art comme construction sociale et culturelle. En féminisant les noms, elle réintroduit l’idée que les artistes et la création ne sont pas intrinsèquement masculins, quand bien même elle a été culturellement dominée par les hommes pendant des siècles, du moins en Occident.
Elle interroge aussi la notion d’identité artistique : qu’est-ce que charrie un nom, qu’est-ce que le genre, qu’est-ce qu’un artiste légitime, à quel point notre imaginaire est-il sous l'influence de normes que nous ne questionnons pas?
Ce qui rend le détournement de noms de Thurnauer si puissant, c’est un alliage subtil d’humour, de poésie et de militantisme. Sans faire de démonstration ni verser dans l’idéologie, l’artiste opère un renversement par le jeu. Elle s'offre la liberté de réinventer l’histoire, de remettre en cause les hiérarchies. En somme, les détournements de noms d'Agnès Thurnauer incarnent un geste artistique féministe et plein d'humour, comme un clin d’œil charnel à ce que l’art pourrait être si les voix minorisées étaient plus visibles.
Ce geste de nominalisation n’est pas un simple jeu de mots potache : il dévoile, avec humour et impertinence, les mécanismes d’exclusion et d’effacement des femmes dans l’histoire de l’art.Le procédé de Thurnauer fonctionne comme une surprise — un badge coloré, une grande pastille circulaire, un nom qui sonne faux — et c’est justement ce décalage qui met à nu l’absurde d’un canon artistique historiquement genré.
Par ce travestissement des noms, l’artiste produit un effet de surprise mais aussi un choc, puisqu'elle nous invite à interroger les privilèges invisibles du masculin dans les manuels d'histoire de l'art, dans les musées et dans les discours de tous les jours. Ce type de détournement est profondément politique : il rappelle que nommer, c’est autoriser l’existence, et offrir une forme de reconnaissance officielle.
Avec ce geste, Thurnauer ne demande pas simplement à ajouter des femmes dans la liste des « grands artistes » historiques — elle propose une relecture radicale de l’histoire de l’art comme construction sociale et culturelle. En féminisant les noms, elle réintroduit l’idée que les artistes et la création ne sont pas intrinsèquement masculins, quand bien même elle a été culturellement dominée par les hommes pendant des siècles, du moins en Occident.
Elle interroge aussi la notion d’identité artistique : qu’est-ce que charrie un nom, qu’est-ce que le genre, qu’est-ce qu’un artiste légitime, à quel point notre imaginaire est-il sous l'influence de normes que nous ne questionnons pas?
Ce qui rend le détournement de noms de Thurnauer si puissant, c’est un alliage subtil d’humour, de poésie et de militantisme. Sans faire de démonstration ni verser dans l’idéologie, l’artiste opère un renversement par le jeu. Elle s'offre la liberté de réinventer l’histoire, de remettre en cause les hiérarchies. En somme, les détournements de noms d'Agnès Thurnauer incarnent un geste artistique féministe et plein d'humour, comme un clin d’œil charnel à ce que l’art pourrait être si les voix minorisées étaient plus visibles.