Ces gares qui recèlent des trésors
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Vous connaissez peut-être le grand tableau de la Gare de l'est, signé Albert Herter, Le Départ des poilus, août 1914, qu'il est difficile de manquer si on entre par le hall Alsace. Mais si d'aventure, un jour, vous arrivez en avance à la gare de Lyon ou que vous manquez votre train à la gare Saint-Lazare, sachez que ces deux gares recèlent elles aussi des trésors de peinture et d'artisanat que bien des voyageurs n'ont jamais remarqué! 

La peinture murale de la gare de Lyon

A la gare de Lyon, c'est dans le long couloir – dit aussi salle des pas perdus - qui sépare le hall 1 et le hall 2 qu'il faut lever le nez pour apercevoir une longue peinture murale sur toiles marouflées dans la galerie supérieure, au-dessus des boutiques.

Cette fresque de 100 mètres est réalisée au tout début du 20e siècle, peu après la création de la gare de Lyon, dans l'ébullition parisienne qui suit l'Exposition universelle. Commandée par la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (généralement abrégée en « Paris-Lyon-Méditerranée », ou simplement PLM) elle fut complétée dans les années 20 puis terminée dans les années 1980. Signée Baptiste Olive (pour la partie ancienne) et Jean-Paul Letellier (pour la partie récente), elle représente certaines des villes desservies par les lignes qui partent de la gare de Lyon, et leurs monuments principaux : Avignon, Marseille, Venise… 20 destinations sont ainsi représentées. Plus on avance, plus les destinations sont lointaines. 

A la Belle époque, la Côte d'Azur est la destination préférée de la haute société. Après de longues années de restauration, ce livre d'images géant invite à nouveau les voyageurs à la rêverie, depuis juin 2021. Et avec 350 000 passagers qui transitent chaque jour par la gare de Lyon, voilà un public que bien des musées envieraient! 

Les vitraux de Saint-Lazare

A la gare Saint-Lazare, l'art se donne à voir en hauteur aussi, à travers une série de 114 verres peints représentant cette fois – logique - les destinations du Grand Ouest.
Ils sont l'œuvre d'un cheminot artiste, Charles Sarteur, peintre, aquarelliste et sculpteur amateur. Cachés pendant des années, il sont de nouveau visibles depuis leur restauration, en 2012. Les monuments célèbres sont là aussi à l'honneur : dans les années 1930, quand ces verres sont posés, le tourisme est en plein essor en France.

On peut admirer ainsi des vues de Perros-Guirec, Saint-Thégonnec ou Brest. Ou Bordeaux, La Rochelle, Saintes ou Thouars. Mais aussi…Londres ou New York. Le chef de gare s'en explique, dans une interview à Ouest France :« Pour se rendre à Londres, les Parisiens embarquaient sur le transmanche à Dieppe. Et pour New York sur les transatlantiques à Cherbourg. Deux ports où ils se rendent toujours en train au départ de Saint-Lazare ».

Ici, point de couleurs exubérantes ni de soleil écrasant : les tons sont neutres, les lignes sont sobres, et la technique du vitrail donne à l'ensemble un aspect assez austère. Il est étonnant aussi de trouver des vitraux dans un bâtiment public – plutôt que dans une église – mais c'est peut-être le signe d'un changement de civilisation : les gares, au début du 20e siècle, deviennent les cathédrales modernes, des bâtiments qui propulsent les hommes de la révolution industrielle dans la modernité dont nous sommes les héritiers.  


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