Quand l'orient est là pour nous faire rêver...
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Allez, encore un petit voyage... Laissez-vous emmener en Orient...

On part de la "la Concorde" 

Les parisiens connaissent bien le carrefour dit « de La Concorde » avec son obélisque, ses voitures venant et allant dans tous les sens, circulation qui nous fait bien vite oublier les splendeurs du pays d’où il vient ! Pourtant, que l’Orient a envoûté les Français….
 
Plus qu'aucune autre nation européenne, la France cultive au cours des siècles une fascination pour l'Orient et la civilisation islamique.
 
Cette fascination culmine au Siècle des Lumières et à l'époque romantique. Elle se traduit alors par des œuvres poétiques, picturales et littéraires de valeur intemporelle, réunies dès 1826 sous le nom d'Orientalisme.
 
Mais elle n'a pas résisté aux idéologies nauséeuses de la fin du XIXe siècle et du XXe : colonialisme, racisme, totalitarismes.

 
Remontons le temps, pas trop loin pour ne pas nous perdre…. Pour un petit voyage en Orient…
 
 
On commence par l'Egypte avec Napoléon
 
Le 19 mai 1798, un corps expéditionnaire de 38,000 hommes, mené par Napoléon, quitte Toulon, emmenant une « Commission des Sciences et des Arts » constituée de plus de 150 savants et artistes.
 
Les travaux et études que les savants et les artistes, emmenés en Egypte par Napoléon, consacrent à l’Égypte ancienne et moderne, sont une incontestable réussite.
 
Ingénieurs du génie civil et militaire, formés dans les grandes écoles (École polytechnique, École des ponts et chaussées), architectes, dessinateurs, tous sont très jeunes et travaillent dans des conditions extrêmement difficiles : chaleur, maladies, insécurité, manque de temps et de matériel.
 
Ils recueillent cependant des informations précieuses, précises et abondantes, ensuite rassemblées dans un ouvrage monumental : « Description de l’Egypte, ou Recueil des observations et recherches qui ont été faites en Egypte pendant l’expédition française ». 
 
Outre la volonté de vaincre enfin l’Angleterre, l’expédition de Bonaparte en Égypte est significative de l’attrait exercé par l’Orient dans l’Europe à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, et de l’importance de l’histoire dans l’imaginaire romantique.
 
Le 1er juillet 1798, l’expédition atteint Alexandrie en Egypte. Les succès et les revers militaires se succèdent, pour aboutir à la capitulation française en 1801. Les anglais exigent La pierre de Rosette comme prise de guerre. Remise à l'Angleterre en 1802, elle se trouve depuis lors au British Museum à Londres. N’hésitez pas à aller la voir.
 
 
La pierre de Rosette ou comment lire les hieroglyphes
 
En 1799, des soldats français, en Egypte, découvrent à el-Rashid (Rosette), localité du delta du Nil, une pierre en granit noir.
 
La pierre dite « de Rosette » est un fragment de stèle gravé d'un décret sacerdotal en l'honneur du roi Ptolémée V Epiphane, daté du 27 mars 196 av. J.C.
 
Cette découverte est d'une importance capitale pour l'égyptologie car le décret comporte trois textes identiques, inscrits en hiéroglyphes, en démotique (écriture cursive de l'égyptien) et en grec. Le texte grec donne ainsi le contenu de la version égyptienne.
 
Cette pierre a permis à Champollion, professeur d’histoire, d’être le premier à déchiffrer les hiéroglyphes, jusqu’alors incompréhensibles.
 
 
Voyage en Orient
 
Le voyage « pittoresque » en Orient devient dans les décennies suivantes une étape incontournable, facilité par le développement des moyens de transport.
 
Revêtus du costume local, armés de leurs boîtes d'aquarelles, de leur tout nouvel appareil photo ou de leurs calepins, nos curieux partent à la recherche d'une nouvelle inspiration. La génération romantique, en effet, se sent mal à l'aise dans ce siècle qui ne répond pas à sa soif d'absolu. Et la Grèce et ses antiquités ne sont plus à la mode….

Allons de l'autre côté de la Méditerranée découvrir d'autres horizons, d'autres aventures...
 

Tour de la Méditerranée par l'écriture
 
François-René de Chateaubriand fait le tour de la Méditerranée orientale, de la Grèce à la Tunisie, de juillet 1806 à juin 1807, et publie le récit de son voyage « Itinéraire de Paris à Jérusalem » en 1811.
 
On peut ainsi croiser Alphonse de Lamartine à Beyrouth (1832-1833), Gérard de Nerval au Caire (1843), Théophile Gautier à Constantinople (1853) ou encore Gustave Flaubert à Jérusalem (1849-1850).
 
À leur retour, outre de nombreux récits de voyages, quelques œuvres détonantes viennent mettre un peu de piment en littérature.
 
Citons, entre autres, le Salammbô (1862) de Flaubert sur la Carthage antique (située dans la Tunisie actuelle) et les romans plus tardifs du lieutenant de vaisseau Pierre Loti, qui parvient à faire pleurer toute une génération sur le sort de la belle turque Aziyadé (1879).
 
Pierre Loti, dont une grande partie de l'œuvre est d'inspiration autobiographique, se nourrit de ses voyages pour écrire ses romans, par exemple à Tahiti pour Le Mariage de Loti (Rarahu) (1882), au Sénégal pour Le Roman d'un spahi (1881) ou au Japon pour Madame Chrysanthème (1887). Il garde toute sa vie une attirance très forte pour la Turquie, où le fascine la place de la sensualité : il l'illustre notamment dans Aziyadé (1879), et sa suite Fantôme d’Orient (1892).
 
C'est à l'époque romantique que « l'Orient est devenu une préoccupation générale ». C'est le jeune Victor Hugo qui l'affirme. Mais l'auteur des « Djinns » s'est contenté de rédiger Les Orientales (1829) dans son salon parisien…
 
Le voyage en Orient, comme formateur de l’écrivain occidental, se perpétue jusqu’au début du XXème siècle : ainsi, Paul Nizan publie en 1831 Aden Arabie, tiré de son séjour à Aden.
 
Henry de Monfreid (1879-1974) est un commerçant et écrivain français. Il a mis en scène sa vie aventureuse, centrée sur la mer Rouge et l'Éthiopie, de 1911 à la Seconde Guerre mondiale, dans de nombreux livres, autobiographies et romans, publiés à partir de 1931. Les Secrets de la mer Rouge est son premier récit autobiographique, dépeignant ses aventures comme apprenti chasseur de perles et trafiquant d'armes dans la corne de l'Afrique.
 
Gérard Manset, musicien français, en a fait une très jolie chanson Les Secrets de la Mer Rouge
 
 
Puis par la peinture
 
Mais c'est surtout dans le domaine de l'art que l'Orient devient incontournable. Les peintres tombent sous le charme de ces grandes toiles d'Histoire représentant paysages et personnages d'Égypte ou d'Algérie. Ils y trouvent non seulement de nouveaux thèmes mais aussi des lumières que le ciel français ne connaît pas.
 
Pour les plus courageux qui se sont rendus sur place, tel Delacroix, Chassériau ou Fromentin, la technique de l'aquarelle héritée des Anglais permet de saisir, sur le vif, luminosité et teintes. La palette se remplit de couleurs chaudes et vives, les contrastes sont accentués pour mieux attirer l'œil : chez Delacroix par exemple, au blanc des costumes répondent les tons rouges ou bruns des paysages.
 
D’autres, tels Antoine-Jean Gros (Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa, 1804, Musée du Louvre) ou Jean-Auguste-Dominique Ingres (Le bain turc, 1863, Musée du Louvre), n’ont pas fait le voyage, mais sont aussi tombés sous le charme.
 
L'orientalisme n'est pas un mouvement pictural à proprement parler, mais un sous-genre. Ainsi, un tableau orientaliste se reconnaît au premier coup d'œil non pas à cause du style du tableau, mais grâce aux thèmes qui y sont traités.
 
Finies les scènes d'inspiration mythologique ou historique d'un Jacques-Louis David : on ne veut plus voir de personnages en toge dans de faux temples grecs ! Le public souhaite découvrir sur les toiles les pays où il ne pourra jamais aller. On demande aux artistes des scènes de rues, des portraits d'après nature, des paysages ressemblants. La conquête de l'Algérie offre aux artistes une source d'inspiration privilégiée en leur ouvrant les portes d'une société foncièrement différente de la leur.

 
Mais revenons à la place de la Concorde, à Paris
 
En 1831, le vice-roi d'Égypte, Méhémet Ali, offre à la France les deux obélisques en granit rose, datant du 12e siècle avant JC, qui marquent alors l'entrée du Temple de Louxor à Thèbes.
 
Seul le premier d'entre eux sera transporté vers la France et arrivera à Paris le 21 décembre 1833.
 
Le monument, d'un poids de 230 tonnes et mesurant 23 mètres de hauteur, se trouve à l'origine dans le Temple de Thèbes (Louxor). Un autre obélisque, qui fait le pendant de l'entrée du Palais, s'y trouve encore, couvert de Hiéroglyphes.
 
C'est Louis-Philippe qui décide de l'ériger sur la place de la Concorde.

L'opération, véritable prouesse technique, est réalisée le 25 octobre 1836 en présence de plus de 200,000 personnes. Le roi et la famille royale, incertains du succès de l'opération, ont préféré y assister depuis les salons de l'hôtel du Garde-meuble, ne paraissant sur le balcon que pour recueillir les applaudissements de la foule au moment précis où le monolithe se dresse à la verticale.
 
Parmi les hiéroglyphes ornant chacune des faces, on ne peut manquer le cartouche de Ramsès II, où le roi fait une offrande au dieu Amon-Rê.
 
 
N’hésitez pas à aller au Musée du Louvre, voir les départements "orientalisme" et d'Egyptologie.
Vous pouvez découvrir Le Louvre avec une visite guidée en cliquant ici


Vous pouvez découvrir avec un guide, l’institut du Monde Arabe et la Grande Mosquée de Paris 


N’hésitez pas à aller au Musée d'Orsay pour y découvrir l'"Orientalisme" de certaines œuvres.
Vous pouvez découvrir le musée d'Orsay avec une visite guidée en cliquant ici.


Vous le voyez, l'Orient est partout....


Je ne peux que vous conseiller de lire L’Atlantide de Pierre Benoit :  ainsi que Salammbô de Gustave Flaubert.

Ou encore Le roman de le momie de Théophile Gautier.
 
Lisez une bonne partie des romans et nouvelles de Pierre Loti dans une compilation parue chez Omnibus.
 
Un roman divertissant sur Bonaparte en Egypte, Lavalette, grenadier d’Egypte, écrit par Michel Peyramaure.
 
L’orient fait encore rêver. Pour ma part, je ne me lasse pas du film Lawrence d’Arabie de David Lean et, dans un autre registre, de Casablanca, avec Humphrey Bogart.
 
Pour ceux qui aiment les étendues de sable du Sahara, regardez le film Le Dernier Vol avec Marion Cotillard et Guillaume Canet.
 
Et l’indémodable Mort sur le Nil, avec Peter Ustinov, tiré du livre de Agatha Christie.

Et plus proche de notre quotidien : Or noir, de Jean-Jacques Annaud.
 
 
L’orientalisme ne va pas nous lâcher de sitôt….. Il fait tellement rêver…. malgré une actualité difficile....

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