Pourquoi « On n’y voit rien » est un livre indispensable
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Si vous ne deviez lire qu’un seul livre d’histoire de l’art en cette fin d’année, ce serait peut-être « On n’y voit rien » de Daniel Arasse.  

Ce brillant spécialiste de la Renaissance et de l’art italien, disparu en 2003, a pris un plaisir fou à écrire ce livre, au style enlevé et plein d’humour. On le perçoit aisément à la lecture, car pour lui, analyser des œuvres d’art revient à déguster un grand cru. Avec modestie et impertinence, il se met en scène (lui, le grand historien d’art) entrain de donner la réplique à des comparses imaginaires dans de courtes fictions qui, chacune, s’attachent à une peinture emblématique ou à une grande figure de l’art pictural.

C’est ainsi qu’il passe en revue :  

-  "Mars et Vénus surpris par Vulcain" du Tintoret
- "L'Annonciation" de Cossa
- "L'Adoration des mages" de Bruegel
- "La Vénus d'Urbin" du Titien
- "Les Ménines" de Velazquez.
-  Les représentations de Marie-Madeleine et de sa chevelure  

L’immense vertu de cet ouvrage, c’est – outre le fait qu’il est souvent drôle, et ce n’est pas évident vu les sujets évoqués – le didactisme de son auteur. Daniel Arasse décortique chaque élément, étape par étape, en prenant soin de bien développer son raisonnement et même de le donner à voir. Un peu comme s’il nous confiait les clés pour, à notre tour, nous livrer à cet exercice d’observation précise des images avec une fraîcheur du regard toujours renouvelée. Il nous prouve à travers son esprit infiniment curieux que les toiles ont toujours plus à nous offrir que ce qu’elles semblent présenter au premier abord. Et nous embarque dans des interprétations – parfois cocasses, toujours surprenantes - qui ont tout de l’enquête policière, racontées avec un talent fou. Il intègre quantité de notions fondamentales de l’histoire de l’art à son récit sans avoir l’air d’y toucher, et même quand il va très loin – trop parfois ? – dans ses élucubrations de passionné, on ne perd jamais le fil, tant sa soif de transmettre était grande.  

On pourra regretter les illustrations de qualité médiocre dans le livre au format poche, qui ne rendent pas justice aux oeuvres évoquées ni à la prose de D. Arasse. N’hésitez pas, en le lisant, à afficher ces toiles en plein écran sur votre ordinateur, ou à les chercher sous forme de reproduction dans des livres spécialisés : cela rendra votre lecture d’autant plus délectable, de pouvoir faire l’aller-retour entre les mots et les images.

Ecrivez à la rédaction : szannad@messortiesculture.com  

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