Les animaux, ces artistes
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Les animaux sont-ils des artistes? C’est la question que pose la Fondation Cartier à travers l’exposition « Le Grand Orchestre des Animaux », qui comporte un volet visuel et un volet sonore. Au rez-de-chaussée, on admire des photos d’ours, de lièvres, de renards..et de randonneurs pris sur le vif dans une forêt japonaise (par un appareil à déclenchement automatique) mais aussi l’installation géante et poétique de l’artiste chinois Cai Guo-Qiang qui présente des animaux sauvages de toutes espèces réunis autour d’un point d’eau dans un dessin spectaculaire réalisé avec de la poudre pyrotechnique. Par ailleurs, une série de vidéos joyeuses et colorées accueillent le visiteur : c’est la parade des oiseaux de paradis, dont les danses et les chants laissent bouche bée par leur précision et leur beauté.  

A ce feu d’artifice visuel succède le volet sonore, qui occupe une grande salle du sous-sol, où sont disposés coussins et matelas, et qui plonge le visiteur dans un « bain musical » naturel. Ce sont les enregistrements d’habitats naturels sauvages, terrestres et marins réalisés par l’américain Bernie Krause. Venu du rock et de la musique de film (Les Doors, Van Morrison côté groupes ; "Rosemary’s Baby" de Roman Polanski et "Apocalypse Now" de Francis Ford Coppola côté cinéma).

Pionnier sans le savoir, il a commencé à enregistrer les animaux dans les années 70, pour ne plus jamais cesser de traquer leurs chants et leurs cris. Pour lui, ce fut une révélation : les animaux sont de vrais musiciens. Ils modulent, ils rythment, et occupent une « niche sonore » bien particulière. Chacun la sienne…comme sur une partition, comme dans un orchestre !

Confortablement installé dans cette pièce, vous pouvez fermer les yeux et vous laisser transporter au Canada, aux États-Unis, au Brésil, en République centrafricaine, au Zimbabwe et dans les profondeurs des océans pendant plus d’une heure. Ou garder les yeux ouverts et suivre les stridulations, frottements, ululements et autres hurlements sauvages sur les écrans qui vous environnent, qui retracent les fréquences vibratoires et indiquent quel son correspond à quel animal. 

Au-delà d’une formidable expérience esthétique, cette installation vise aussi à provoquer une prise de conscience, notamment avec les « avant-après », une série d’enregistrements réalisés à plusieurs années d’intervalle et qui montrent (par la démonstration sonore) à quel point les écosystèmes s’appauvrissent. Là où la forêt bruissait de mille chants, le silence s’installe peu à peu. Alors, pour admirer encore la beauté des animaux, il est temps d’apprendre à les protéger. 

A voir du 2 juillet 2016 au 8 janvier 2017 à la Fondation Cartier, Paris. 


Ecrivez à la rédaction : szannad@messortiesculture.com

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