Le château de Cheverny, pas si classique!
Vous savez peut-être que Cheverny, château de la Loire aux lignes sobres et classiques, a inspiré Hergé pour le Moulinsart de Tintin. Le dessinateur a simplement supprimé les deux pavillons latéraux de la propriété. Et son dessin épuré fait de lignes claires se marie fort bien au classicisme de ce château du XVIIe siècle dans le plus pur style Louis XIII, avec sa pierre de tuffeau d'un blanc éclatant, si caractéristique des bâtisses de la région et des châteaux de la Loire. D'ailleurs, depuis 2001, le château héberge une collection relative à Tintin : cette exposition interactive, réalisée en collaboration avec la Fondation Hergé,  fait découvrir aux visiteurs sur 700 m² l’univers des personnages de Tintin : c'est un peu une façon de rentrer à l'intérieur des cases de la BD!

Avec plus de 350 000 visiteurs tous les ans, le domaine est géré de main de maître par Charles-Antoine de Vibraye et son épouse, Constance, qui vivent sur place et emploient jusqu'à 70 personnes en haute saison. Depuis 1922, le château est ouvert aux visites privées (ce qui, à l'époque, était particulièrement audacieux), et la famille de Vibraye sait mettre en valeur ce patrimoine exceptionnel (Cheverny est classé monument historique) avec un savant mélange d'imagination et de pragmatisme. 

En déambulant dans le château, on admire le mobilier, les tapisseries et les tableaux, bien sûr. Mais ça et là sont disposées des oeuvres plus surprenantes : la Joconde, un buste de Henri IV, une maquette du château... en LEGO! Une façon ludique de parler d'histoire et d'art aux plus jeunes. Autre "attraction" à ne pas manquer : le chenil, dans lequel se trouvent 130 chiens de chasse, qui participent (quand c'est la saison) à à deux chasses à courre par semaine. Ces très beaux chiens de race français tricolore sont traditionnellement utilisés pour la chasse au cerf. Ils sont extrêmement bien éduqués - il suffit pour s'en convaincre d'assister à leur repas, la "soupe", servi chaque jour à 11h30 - et adorent vivre en meute. 

Dans le parc de près de 100 hectares qui entoure le château, entretenu avec le plus grand soin, on trouve un jardin à la française, un cours d'eau sur lequel les visiteurs peuvent se promener à bord de bateaux électriques, au milieu des nénuphars, des canards et des cygnes noirs australiens, et un jardin anglais, planté de tilleuls, de séquoias et de plusieurs variétés de cèdres merveilleusement odorants (cèdre du Liban, cèdre d'Amérique), ainsi qu'un potager. Le parc comprend même depuis peu 2 hectares de vigne destinée à produire du vin blanc, et au printemps, les visiteurs découvrent un immense ruban fleuri de tulipes multicolores : 120 000 bulbes ont été plantés au fond du parc! Comme le château est ouvert toute l'année, les jardiniers et paysagistes veillent à ce que chaque saison offre son lot de surprises végétales. 

A la mi-septembre, le parc a été agrémenté d'un nouveau joyau : le Jardin de l'Amour, une installation exceptionnelle de 6 sculptures en bronze du suédois Gudmar Olovson, disparu en 2017, qui a travaillé à ce projet pendant quinze ans. Ces oeuvres qui évoquent puissamment la force et la sensualité d'un Rodin, représentent différentes formes d'amour dans des évocations pleines de vie qui se fondent comme par magie dans le superbe décor de Cheverny, se reflétant dans les eaux de l'étang. Car, comme le rappelle le marquis avec un sourire malicieux, après tout, Cheverny est né de l'histoire d'amour passionnée  entre Henri Hurault et Marguerite Gaillard, dans les années 1630. La visite de Cheverny est bel et bien  une ode à l'amour qui se perpétue au fil des siècles!

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