Claude Monet, la vie au rythme de la nature
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Alchémilles, Ancolies, Aulx ornementaux, Azalées, Clématites de printemps, Digitales, Géraniums Giroflées, Glycines, Iris,Julienne des dames, Myosotis, Œillet des poètes, Pastels des teinturiers, Pavots d’Orient, Pensées et Viola cornuta, Pigamons, Pivoines, Rhododendrons, Silènes, Tamaris, Tulipes… Cette liste à la Prévert, c'est celle des fleurs qui apparaissent en ce moment même dans le jardin de Claude Monet, à Giverny, dans le calme absolu, puisque la maison et le jardin sont fermés jusqu'à nouvel ordre.

Chaque année, ils sont plus de 500 000 touristes venus du monde entier pour découvrir ces merveilles fragiles et colorées, témoignage vivant de la passion du peintre pour le jardinage, qui assurent la continuité de son œuvre et honorent sa mémoire sans défaillir. Saison après saison, les jardiniers s'emploient à recomposer ces tableaux vivants. A l'est, où le soleil se lève, les couleurs sont froides. Puis en suivant la course de l'astre, la couleur des fleurs se réchauffe, jusqu'aux oranges et aux rouges.

Mais revenons un peu à l'origine des lieux. Monet était-il le roi du confinement? Quand il découvre la maison de ses rêves, en Normandie, en 1883, l'artiste est âgé de 43 ans, et cherche une maison à prix raisonnable pour y loger sa grande famille recomposée (ses deux enfants et les 6 enfants de sa femme Alice). Il y passera le reste de sa vie, jusqu'en 1926, où il s'éteint dans sa chambre.  Chaque détail de cette maison et de ces jardins a été imaginé pour créer un tout harmonieux, un microcosme enchanteur où le peintre et sa famille pouvaient vivre et accueillir des invités sans jamais se lasser. 

Le peintre aménage successivement deux jardins : l'un autour de la maison, l'autre près de la rivière, dont il détourne un bras pour créer un grand bassin dans lequel il installera ses fameux nymphéas découverts lors de l'exposition universelle. Sur le pont japonais qui enjambe le plan d'eau, il vient, pendant des années, peindre chaque jour la même scène, pourtant chaque jour renouvelée, essayant de capter les couleurs, les jeux de la lumière sur l'eau et sur les végétaux. Ainsi les sujets de ses peintures se trouvent sur place, à tout moment. Les jardins sont les palettes auxquelles il vient puiser l'inspiration. 

Cette façon très méditative d'aborder son art et les joies du jardinage résonne particulièrement avec la période que nous vivons, où le moindre nuage, la moindre fleur, le moindre oiseau, le moindre changement de lumière semblent prendre une importance inédite. Peut-être que certains d'entre nous auront profité de ce ralentissement pour mieux ajuster leur regard à la beauté : celle de la nature, et celle des œuvres d'art!  

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