Trois raisons de lire « Le Pont des Arts » de Catherine Meurisse
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Catherine Meurisse a travaillé pour Charlie Hebdo ; elle a échappé de peu à la tuerie de janvier 2015, et fait partie des personnes meurtries à vie par la perte de ses collègues et amis. De cet événement tragique, elle a tiré un album magnifique, La Légèreté, dans lequel elle raconte sa lente reconstruction après le drame, et comment le fait de se réfugier dans le Beau l’a aidée à remonter la pente.  

L’album dont nous vous parlons ici est plus ancien (2012) et consacré d’une autre façon à la passion de C. Meurisse pour l’art et ceux qui le fabriquent. Pour elle, ce ne sont pas des figures historiques compassées et poussiéreuses, mais des personnages bien vivants, qui sont ici les héros de 9 histoires de connivences artistiques.  Car le Pont des Arts, c’est d’abord le pont qui relie l’Académie française au Louvre.
 

Une BD irrévérencieuse, pleine d’humour potache et d’anecdotes véridiques, qui raconte les liens étroits entre littérature et peinture, des Lumières au début du 20è siècle. On adore et on vous donne trois bonnes raisons de le lire !
   

Pour son originalité
 

Voilà bien une thématique méconnue, peu explorée – a fortiori en BD - et pourtant passionnante : la communauté de pensée et d’inspiration qui lia grands peintres et grands auteurs du XVIIIe siècle au début du XXe.. Emergent ainsi des couples de penseurs et d’artistes dont l’histoire – et parfois l’amitié, quand ils vécurent à la même époque -  nous est contée : Proust et Vermeer, Zola et Cézanne, George Sand et Delacroix, Diderot et Greuze, Apollinaire et Picasso…   Au fil des pages, on se remémore de grands jalons de l’histoire de l’art, on apprend des anecdotes étonnantes, et on se surprend à avoir envie d’approfondir. D’ailleurs, l’auteure nous y invite, avec deux pages en fin d’album, qui détaillent la biographie de chacun des personnages historiques évoqués.  

Pour son érudition  

Le trait est alerte, le ton humoristique, mais derrière une apparente légèreté, la dessinatrice parvient à distiller des anecdotes savoureuses, associant histoire de l’art et de la littérature. Saviez-vous, par exemple, qu’Apollinaire avait été emprisonné parce qu’on le soupçonnait de complicité avec le vol de la Joconde (en août 1911) ? C’est d’ailleurs pendant son incarcération qu’il composa le recueil « Alcools »...   

Pour la virtuosité des dessins
 

Dès les premières pages, on se sent emporté par le trait de Catherine Meurisse. Tous ses personnages sont perpétuellement en mouvement, comme pressés de rejoindre la case suivante. Une énergie communicative qui permet d’embarquer sans effort dans des histoires parfois alambiquées qui, comme par magie, deviennent accessibles et divertissantes. On sent aussi que la dessinatrice prend un malin plaisir à reproduire les toiles des maîtres sous un aspect humoristique, et néanmoins plein d’affection. 

Un album à mettre entre toutes les mains, que vous soyez féru d'histoire ou non!

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