Retrouver l'art… dans les églises
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Le musées sont fermés, les expositions inaccessibles, la période est à la morosité dans la culture. Comment, malgré tout, rencontrer le beau et admirer le travail des artistes en cette période de pandémie? Allons jeter un œil du côté des édifices religieux investis par de grands noms du 20e et du 21e siècle! Les églises restent en effet accessibles, avec des jauges limitées, certes.. Mais en ce temps de fêtes de fin d'année, c'est peut-être l'occasion de se relier à la dimension sacrée de la créativité et de découvrir des œuvres d'art parfois bien cachées, qui n'ont pas toujours de connotation directement religieuse, d'ailleurs.

Matisse, dans la chapelle des Dominicains à Vence

En 1942, gravement malade, Henri Matisse reçoit l'aide d'une jeune infirmière, qui deviendra par la suite religieuse dans le couvent des Dominicaines de Vence. Soeur Jacques-Marie, devenue son amie, lui parle en 1946 d'un projet de chapelle à Vence.Le travail de Matisse se concentre sur les vitraux aux couleurs vives (dans les tons de bleu, jaune et vert qui permettent à la lumière de s'infiltrer dans l'espace blanc de la chapelle, décoré de fresques très sobres qui représentent des scènes bibliques épurées. 

Picasso dans la chapelle du château de Vallauris 

On connaît bien la production de céramiques peintes de Picasso, à Vallauris. Mais l'artiste ne néglige pas pour autant la peinture "classique". C’est en 1952, dans son atelier du Fournas à Vallauris, que Picasso réalise - La Guerre et la Paix – œuvre de très grandes dimensions. Oeuvre allégorique, qui s'inscrit dans l'après-guerre, Une paroi est dédiée à la Guerre, avec des couleurs violentes et un rythme heurté, dans lequel se mêlent hommes et bêtes. La fresque d'en face figure le temps de la Paix, aux tons plus doux, peuplé de femmes et d'enfants. 3 Les vitraux blancs de Soulages à Conques A l'abbatiale romane de Conques, en 1994, furent installés les vitraux abstraits signés Pierre Soulages. Pour ce grand spécialiste du noir, l'occasion était trop belle d'affronter la question de la lumière et du sacré. Ses 106 vitraux blancs, même s'ils tranchent avec le vitrail traditionnel, multicolore, s'intègrent parfaitement à la sobriété cistercienne du lieu. 

La sculpture de Keith Haring à l'église Saint-Eustache (Paris)

 Dans la Chapelle Saint-Vincent de Paul, à l'église Saint-Eustache, on peut admirer une œuvre originale de Keith Haring : un triptyque en bronze et patine d’or blanc. Cette sculpture a été réalisée peu avant sa mort et offerte, en 2003, par sa fondation à la Ville de Paris. On reconnait son style naïf et l’humour qui animent la composition. On y retrouve une forte densité de personnages, dont son "bébé rayonnant" qui peut être ici interprété comme l'enfant jésus. L'œuvre est d'autant plus touchante qu'Haring l' terminée deux semaines avant sa mort, à l'âge de 31 ans. 

Delacroix dans l'église Saint-Paul Saint-Louis à Paris 

Dans le Marais, à quelques pas de la Place des Vosges, se cache un tableau d’Eugène Delacroix : Le Christ au Mont des Oliviers. Une oeuvre typique de la peinture Romantique, mode d’expression des sentiments intérieurs, commandée pour l’église en 1824. Il s’agit pour Delacroix de sa première grande commande officielle d’un tableau religieux.   

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