Jackson Pollock, entre les lignes
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Pollock, c’est un nom qui claque, un nom qui sonne comme un rythme de jazz, et surtout qui marque un tournant dans l’histoire de la peinture.  

C’est le nom d’un grand peintre américain originaire du Wyoming, figure de l’expressionisme abstrait, inventeur d’une technique inédite : le « dripping ». To drip, en anglais, ça veut dire goutter : car Pollock faisait littéralement goutter la peinture sur la toile posée au sol, usant de la force de la gravité. Il employait, pour déposer la couleur sur la toile, de la peinture industrielle, qu’il déposait à l’aide de douilles ou de seringues de cuisine, ou de gros pinceaux.  

Et sa peinture marque une véritable révolution! Non seulement la toile est posée au sol, la retenue classique du peintre est balayée – il lance son pinceau dans un geste presque violent, comme on lancerait un lasso, lui qu’on surnommait le cow-boy - mais il n’y a même plus de cadre ; et l’artiste travaille debout, en mouvement, il se déplace autour de la toile, comme en transe,  et fait gicler des litres de peinture en de grands gestes presque chorégraphiés. Les coulures se multiplient, se croisent, se superposent. Résultat, le sol de l’atelier ressemble lui aussi… à une toile de Jackson Pollock. Pour bien comprendre la méthode, je vous recommande de regarder l’une des vidéos disponibles sur Youtube, où l’on voit Pollock au travail.  

Pour celle ou celui qui regarde la toile, le risque est grand se sentir « absorbé » par cette matière en fusion, ces couleurs qui tournoient, et ces lignes libérées. Parmi ses sources d’inspiration, Pollock citait les indiens Navajo, qui travaillent eux aussi le pigment au sol, sans toucher le support. Il revisite ainsi un geste ancestral, une culture des origines, qu’il transforme en art abstrait radicalement novateur.   Sur le marché de l’art, il y aura un avant et un après Pollock. Mort dans un accident de voiture en 1956, cet amoureux de la vitesse deviendra une légende à titre posthume, aidé en cela par sa veuve Lee Krasner mais aussi par le très influent critique d’art Clement Greenberg qui en fit une légende, déjà, de son vivant, en théorisant son travail à travers une série d’articles.


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