Goscinny, ce génie
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Cinq cents millions de livres et d’albums vendus dans le monde, des œuvres traduites en cent cinquante langues, une centaine d’adaptations cinématographiques… tels sont les chiffres impressionnants qui résument la brillante carière de René Goscinny. Disparu en 1977 à l’âge de 51 ans, suite à un test d’effort chez son cardiologue – on croirait à un mauvais gag -, le scénariste de génie était un travailleur acharné, un perfectionniste, un amoureux du dessin et de la langue française. Lucky Luke, le Petit Nicolas et Astérix font partie intégrante de la culture populaire, et bien des expressions de la vie quotidienne nous ont été léguées par Goscinny : « Devenir calife à la place du calife », « H'est bon, mais h'est haud !», « Quand est-ce qu'on mange ? » « Le ciel nous tombe sur la tête », « Je suis tombé dedans quand j'étais petit » ou encore « Ils sont fous ces romains »…  

Présentée selon une scénographie fluide et efficace dans l’espace d’exposition intimiste du Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, l’expo « Goscinny, au-delà du rire » nous plonge dans les albums de famille du petit René, au fil de ses pérégrinations. En 1927, son père, Stanislas Goscinny, ingénieur chimiste spécialiste de l'agriculture dans les climats chauds, est envoyé à Buenos Aires où il s’installe avec sa famille. La jeunesse de Goscinny fut donc argentine. Après la mort de son père, il partira tenter sa chance dans une agence publicitaire à New York, de 1945 à 1951, avec une incursion en France pour son service militaire, qu’il tient à réaliser dans son pays natal. Mais sa carrière de dessinateur peine à décoller, et c’est quand il rencontrera Uderzo, Morris, Sempé et Tabary qu’il trouvera sa « patte » de scénariste ; des binômes qui sont autant d’histoires d’amitié, de complicité et de confiance mutuelle. En 1959, François Clauteaux, Raymond Joly, Jean Hébrard, René Goscinny, Jean-Michel Charlier et Albert Uderzo créent Pilote, un hebdomadaire pour les jeunes associant bandes dessinées et sujets d’actualité. Son lancement est un véritable succès. Dès 1963, Goscinny et Charlier, devenus rédacteurs en chefs, donnent la priorité à la bande dessinée et ouvrent le journal à une nouvelle génération d’auteurs : Giraud, Greg, Cabu, Gotlib, Fred, Mandryka, Bretécher, Gébé, Reiser, Géri, Christin et Mézières et bien d’autres talents.  

C’est donc à une exploration de la vie trépidante de René Goscinny, homme aussi facétieux que bosseur, que nous invite le MAHJ, mais aussi à une (re)découverte des grands noms du 9è art.  

Alors, retombez en enfance, et allez admirer des planches originales d’Astérix en grand format, riez en retrouvant les jeux de mots qui émaillent les albums co-signés par Goscinny… Car nous sommes tous tombés dedans quand nous étions petits !

Une exposition à voir jusqu'au dimanche 4 mars 2018

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