Coup de projecteur sur Los Angeles
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C'est à une véritable évasion que nous invite le Mac de Lyon, avec l'exposition "Los Angeles, une fiction". Sur 2 étages, le musée présente les oeuvres de plus de 30 artistes de générations différentes, et le parcours est également ponctué de 80 extraits littéraires sur le même thème. Cette juxtaposition forme un portrait composite et vivant de la ville de Los Angeles. La fiction du titre, c'est celle que les artistes, si nombreux à être inspirés par la cité des anges, fabriquent au fil de leurs créations. Une fiction que nous confrontons automatiquement à la nôtre, tant chacun a sa propre vision de LA, ville fantasmatique par excellence, totalement influencée, colorée par les nombreuses fictions qui ont choisi cette ville pour décor.  

Une figure de proue  :  Ed Ruscha
 

Ses images (peintures et photos) sont presque banales, et laissent toutes une impression de « déjà-vu ». Car Ruscha traque depuis les années 1960 une forme d’objectivité complètement contradictoire avec ce que l’on attend d’un artiste. Une forme de provocation mais aussi une vraie singularité et une façon de « mettre à plat » ce quil voit, de documenter le quotidien d’une Amérique dépouillée de ses oripeaux glamour. Et en accumulant les séries d’images d’apparence insignifiantes, Ed Ruscha a fini par composer une œuvre conceptuelle pleine de mystère et dont la sobriété interpelle, dans une société du trop-plein. « J'ai (…) toujours eu le plus profond attachement (…) pour tout ce qui ne pouvait pas être expliqué. Les explications ont en elles quelque chose qui annule le pouvoir de ce que l'on fait », dit l’artiste lui-même.      

L'imaginaire hollywoodien  
 

Coucher de soleil, belles voitures, palmiers et lunettes de soleil :  les clichés éculés sont ici revisités, détournés, mis à mal ou tenus ironiquement à distance. Il s'agit aussi de montrer tout ce qui n'est pas dans la lumière. L'histoire des afro américains, la misère sociale, le narcissisme d'une ville toute entière tournée vers la célébrité, le gaspillage et le consumérisme effréné, dans une cité où les ultrariches côtoient les plus pauvres.  

La lumière
 

Ce qui semble baigner les oeuvres autant que les extraits littéraires, c'est une lumière franche, un soleil insolent qui rend toutes les couleurs plus crues, les contours plus nets, les reflets plus intenses. Une lumière nue qui sublime finalement les objets les plus simples, les histoires les plus dures, qui oblige à regarder le monde dans ses moindres détails et à l'aimer malgré tous ses défauts. Preuve qu'Hollywood, malgré ses côtés sombres, sait encore faire rêver, et continue surtout d’inspirer les artistes du monde entier!
Ecrivez à la rédaction : szannad@messortiesculture.com

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